Points clés
- Le marquage d’une bouteille en verre — étiquette, sérigraphie, marquage à chaud — est un choix industriel autant qu’un choix visuel : il doit tenir le froid, l’humidité, le frottement et parfois le lavage.
- Trois grandes familles coexistent : l’étiquette adhésive ou papeterie collée, la sérigraphie appliquée sur le verre, et le marquage à chaud métallisé. Chacune a sa tenue, son coût et son domaine.
- La distinction entre décoration organique et inorganique détermine la résistance à l’abrasion et au lavage, donc la durabilité du décor sur toute la vie du produit.
- Un point est non négociable dans tous les projets : la zone de bague, à l’endroit où la capsule vient s’appuyer sur le col, ne doit jamais être décorée, sinon l’étanchéité est compromise.
Étiquetage et sérigraphie : décorer un contenant sans compromettre sa fonction
Dans un projet de bouteille ou de flacon en verre, la décoration arrive souvent en dernier, quand le contenant, le bouchage et le contenu sont déjà arrêtés. C’est une erreur de séquence. Le marquage conditionne en réalité trois choses à la fois : la lisibilité réglementaire du produit, sa tenue dans les conditions d’usage — froid, humidité, contact avec les mains, transport — et la perception de qualité en rayon. Un projet qui traite le décor comme un habillage final se retrouve fréquemment à devoir renoncer à des effets impossibles, ou à accepter une tenue insuffisante.
Les acheteurs français, belges, suisses, québécois et ceux des marchés d’Afrique de l’Ouest francophone n’ont pas les mêmes contraintes. En Europe, la réglementation d’étiquetage est dense et la surface disponible est limitée ; au Québec, la coexistence du français et de l’anglais impose des étiquettes bilingues ; en Afrique de l’Ouest, le climat chaud et humide et les chaînes logistiques longues mettent à l’épreuve la tenue des colles et des encres. Le marquage doit donc être pensé pour un marché de destination précis, pas de façon générique.
Il faut enfin rappeler une distinction simple, souvent noyée dans les briefs : une étiquette est un élément rapporté sur le verre ; une sérigraphie ou un marquage à chaud sont appliqués directement sur la surface du verre. Les deux peuvent coexister sur la même bouteille, mais ils n’obéissent pas aux mêmes règles de tenue, de coût et de compatibilité. Pour une vue d’ensemble des pièces qui composent un bouchage complet et de leur interaction avec le décor, notre page sur les bouchons et capsules est un complément utile avant d’arrêter une zone de décoration.
Tableau : familles de marquage, tenue et domaines d’application
Le tableau ci-dessous compare les principales techniques de marquage utilisées sur les contenants en verre. Il met en regard la tenue réelle de chaque solution avec les usages les plus fréquents, afin de servir de base de décision entre le fabricant de verre, le décorateur et l’équipe marketing.
| Type de marquage | Principe | Tenue au froid et à l’humidité | Résistance à l’abrasion | Rendu visuel | Usage typique |
|---|---|---|---|---|---|
| Étiquette papier couchée | Support papier imprimé, collé sur le verre | Faible à moyenne selon la colle | Faible, sensible au frottement | Mat ou satiné, aspect traditionnel | Vins, spiritueux, produits d’épicerie |
| Étiquette plastique (PP ou PE) | Film synthétique imprimé, adhésif ou thermocollant | Bonne, résiste au froid et à l’humidité | Bonne | Brillant, satiné ou transparent | Bières, boissons, cosmétiques, produits réfrigérés |
| Étiquette métallisée | Film ou papier métallisé, effet argent ou or | Moyenne à bonne | Moyenne, fragile à la rayure | Effet premium, brillant marqué | Spiritueux haut de gamme, éditions limitées |
| Sérigraphie organique | Encre organique déposée par écran puis séchée | Bonne | Moyenne à faible, s’use au lavage répété | Opaque, couvrant, très fidèle au coloris | Cosmétiques, bières, boissons artisanales |
| Sérigraphie inorganique (verre fusé) | Encre minérale cuite au four, liée au verre | Excellente | Excellente, quasi indélébile | Opaque, aspect verre, très durable | Pharmacie, spiritueux premium, consigne réutilisable |
| Marquage à chaud (hot stamping) | Feuille métallique transférée sous pression et chaleur | Moyenne à bonne | Moyenne, sensible aux chocs | Dorure, argent, cuivre, reflets métalliques | Spiritueux premium, parfumerie, coffrets |
| Tampographie | Transfert d’encre par tampon souple | Moyenne | Faible | Souple, adapté aux surfaces courbes complexes | Petites séries, bouchons, col de flacon |
| Étiquetage en manchon rétractable | Manchon plastique appliqué et rétracté à la chaleur | Bonne | Bonne | Couvrant, 360 degrés, effets multiples | Boissons, eaux, cosmétiques de volume |
Deux colonnes doivent guider la décision. La colonne Résistance à l’abrasion détermine si le décor restera intact après transport, manutention et palettisation ; la colonne Tenue au froid et à l’humidité détermine si le décor survivra à la réfrigération, à la condensation et, dans le cas du réemploi, au lavage. Un décor superbe mais qui se dégrade sur le trajet est un coût, pas un investissement.
Étiquette papier, étiquette plastique et étiquette métallisée
L’étiquette adhésive reste la solution la plus souple et la plus rapide à mettre en place, et c’est souvent celle qui offre le meilleur rapport entre surface d’information et coût. Sa limite tient au support et à la colle, plus qu’à l’impression. Une étiquette papier couchée sur une bouteille conservée au réfrigérateur se décolle, gondole ou se froisse à cause de la condensation ; une étiquette plastique sur la même bouteille tient sans difficulté. Sur les produits réfrigérés — bières, jus frais, boissons fermentées — le plastique est donc souvent le choix par défaut, alors que sur les spiritueux et les produits d’épicerie stockés au sec, le papier reste parfaitement adapté et procure un rendu plus noble.
Le choix du support a aussi une dimension réglementaire et environnementale. Les films plastiques d’étiquetage doivent pouvoir être séparés du verre dans les procédés de refonte, ou au moins ne pas perturber la filière. Dans le contexte du PPWR et de la loi AGEC, les maîtres d’ouvrage regardent de plus en plus la recyclabilité de l’ensemble bouteille plus étiquette plus colle, et non plus seulement du verre nu. Une étiquette trop grande, difficile à décoller, ou un adhésif qui laisse un résidu sur le verre peut être pénalisant pour la filière de recyclage, en particulier sur les emballages à forte rotation.
L’étiquette métallisée relève d’une autre logique : elle ne sert pas d’abord l’information mais la perception de valeur. Un film ou un papier métallisé apporte un effet argent ou or immédiatement visible, qui positionne le produit sur un segment supérieur. Sa contrepartie est une fragilité accrue : les surfaces métallisées marquent à la rayure, souffrent des chocs et perdent de leur éclat si l’humidité attaque le support. Il faut donc réserver ce choix aux produits qui vivent dans un environnement maîtrisé et soigné, ou augmenter la résistance du support au prix d’un surcoût. Pour les produits de grande consommation, une sérigraphie ou un marquage à chaud bien exécutés donnent souvent un effet premium plus durable qu’une étiquette métallisée.

Colle, adhésif et tenue en milieu humide : le vrai point critique
Dans la plupart des incidents d’étiquetage, la cause n’est ni l’imprimé ni le support, mais l’adhésif. La colle doit satisfaire simultanément plusieurs exigences contradictoires : adhérer fortement au verre pour ne pas se décoller, se décoller proprement si le consommateur détache l’étiquette, résister à l’humidité et au froid, et ne pas migrer vers le produit. Chaque type de colle répond différemment à ces contraintes.
Les colles acryliques offrent une bonne tenue à l’eau et aux températures modérées ; elles sont très répandues sur les boissons. Les colles hot-melt sont économiques et donnent une adhérence initiale forte, mais elles se dégradent plus vite à l’humidité et aux basses températures. Les colles caoutchouc adhèrent très bien au verre, mais elles vieillissent moins bien et laissent parfois des résidus. Le choix dépend donc du couple produit-condition de stockage, et il doit être validé dans les conditions réelles : une étiquette validée à température ambiante peut échouer à 4 °C en chambre froide.
Un point très concret mérite l’attention des brasseurs et des fabricants de boissons : la condensation. Une bouteille sortie du réfrigérateur se couvre immédiatement d’eau, et cette eau attaque les bords de l’étiquette. Si l’adhésif n’est pas adapté, les coins se soulèvent en quelques jours, puis l’étiquette s’étend. Le même phénomène se produit sur les produits plongés dans la glace lors d’événements ou de dégustations. C’est une cause fréquente de réclamations, souvent invisibles à la commande mais très visibles pour le consommateur. Il faut donc exiger un test d’immersion et un test de passage en chambre froide avant validation.
Sur les bouteilles destinées au réemploi, avec le retour en force de la consigne verre en France et en Belgique, la colle doit en plus se retirer proprement au lavage industriel, à température élevée. Toutes les étiquettes ne conviennent pas, et un projet de réemploi qui néglige ce point se bloque à la station de lavage. Pour les produits de type boisson sucrée ou sirop, où l’étiquette doit tenir sur la durée, notre page sur les bouteilles de sirop en gros présente des cas concrets de tenue de décor à l’humidité.
Sérigraphie sur verre : la décoration dans la matière
La sérigraphie consiste à déposer une encre à travers un écran, selon un motif défini, directement sur la surface du contenant. Le rendu est opaque, couvrant, avec des aplats francs et des couleurs fidèles. C’est la technique qui donne aux bouteilles et flacons leur aspect « imprimé dans le verre », sans étiquette rapportée, et c’est souvent celle qui donne la meilleure impression de qualité industrielle, car elle n’ajoute aucune épaisseur visible.
Il faut distinguer deux familles, et cette distinction est fondamentale.
La sérigraphie organique utilise des encres à liant organique, séchées à température modérée. Elle est accessible, rapide et permet une large palette. En contrepartie, sa tenue à l’abrasion et au lavage reste moyenne : sous un frottement répété ou un lavage en machine, l’encre s’use progressivement, s’éclaircit ou s’efface par plaques. Sur un produit à vie courte, cela n’a pas d’importance ; sur une bouteille destinée à être relavée ou manipulée intensément, c’est un handicape réel.
La sérigraphie inorganique, parfois appelée sérigraphie verre fusé ou émail, utilise des encres minérales contenant des oxydes qui sont cuits au four à haute température après dépôt. À l’issue de la cuisson, l’encre est véritablement liée au verre : elle forme une couche vitreuse qui ne se décolle pas, ne s’use pas au frottement et résiste au lavage industriel. C’est la technique des emballages pharmaceutiques, des spiritueux haut de gamme et des contenants destinés au réemploi. Elle coûte plus cher, impose une étape de cuisson et donc une logistique de production distincte, mais elle offre une durabilité incomparable. Pour un contenant à longue durée de vie, c’est presque toujours l’option la plus rationnelle en coût total.
Un point pratique sur la sérigraphie : la surface du verre doit être parfaitement maîtrisée. Une paroi irrégulière, une corde visible ou une zone de moule mal lissée dégrade l’impression. Sur les formes très facettées ou à relief marqué, l’impression peut être incomplète ou irrégulière, ce qui oblige à adapter le dessin au contenant plutôt que l’inverse.

Marquage à chaud : la dorure comme signature de gamme
Le marquage à chaud, ou hot stamping, consiste à transférer sur le verre une fine feuille métallique à l’aide d’un tampon chauffé et sous pression. La feuille se détache de son support et se dépose sur la surface, laissant un motif doré, argenté, cuivré ou de toute autre couleur métallique. C’est la technique qui signe immédiatement une gamme haut de gamme : un logo doré sur un flacon de parfum ou sur une bouteille de whisky communique instantanément une position de prix supérieure.
La réussite d’un marquage à chaud dépend de plusieurs paramètres qu’il faut maîtriser ensemble. Le type de verre d’abord : une surface lisse prend mieux la feuille qu’une surface dépoli ou rugueuse. La température et la pression ensuite : trop faibles, la feuille n’adhère pas correctement et s’écaille ; trop élevées, le motif bave ou le verre se fragilise localement. Le dessin enfin : les traits très fins et les détails minuscules passent mal en marquage à chaud, contrairement à la sérigraphie qui accepte des détails plus précis.
Sa tenue est moyenne à bonne. Le marquage à chaud résiste bien au vieillissement normal et à la manipulation courante, mais il craint les chocs, les rayures et l’abrasion répétée. Sur un produit transporté sans protection individuelle, ou sur une chaîne de conditionnement où les bouteilles se frottent les unes contre les autres, le doré peut s’altérer sur les arêtes. Il faut donc soit ajouter un calage, soit combiner le marquage à chaud avec une sérigraphie qui porte la structure du décor et réserver le doré aux éléments d’accent. Cette approche mixte, très courante en parfumerie, consiste à sérigraphier un aplat coloré puis à marquer à chaud le logo par-dessus. Notre page sur les flacons cosmétiques en gros détaille ce type de combinaison appliqué aux gammes de soin.
Décoration organique et inorganique : quelle résistance à l’abrasion
La distinction entre décoration organique et inorganique mérite d’être traitée à part, car elle traverse plusieurs techniques et détermine la durabilité du décor sur toute la vie du produit.
Une décoration organique repose sur des liants et des pigments organiques, séchés à température modérée. C’est le cas des encres sérigraphiques organiques, de la plupart des étiquettes, et des vernis de laquage. Son avantage est la souplesse : palette de couleurs quasi illimitée, procédés rapides, coûts plus bas. Son inconvénient est la tenue. Face à l’abrasion, à l’humidité répétée, aux solvants et au vieillissement, une décoration organique se dégrade progressivement. C’est acceptable pour un produit à cycle de vie court, mais problématique pour un contenant réutilisable ou destiné à une longue exposition.
Une décoration inorganique repose sur des matériaux minéraux — oxydes métalliques, silicates — souvent cuits à haute température pour se lier au verre. C’est le cas de la sérigraphie inorganique ou de certains émaux. Sa tenue est excellente : elle résiste à l’abrasion, aux lavages répétés, aux agents de nettoyage et au temps. Sa contrepartie est double : le coût et la contrainte de production. La cuisson impose une étape supplémentaire, une consommation d’énergie et une logistique de production distincte, ce qui n’est rentable que sur des volumes suffisants ou des enjeux de durabilité importants.
Le choix entre les deux dépend donc de la durée de vie visée pour le décor, pas seulement du budget initial. Un calcul en coût total doit intégrer le risque de réclamation, la perte de valeur perçue en linéaire si le décor vieillit mal, et, dans le cas du réemploi, la nécessité de relaver le contenant plusieurs dizaines de fois. Sur ce dernier point, la consigne verre européenne, qui se développe en France et en Belgique, pousse mécaniquement vers la décoration inorganique, car un décor organique ne survit presque jamais à une dizaine de cycles de lavage industriel.
Tests d’abrasion, de lavage et de tenue au remplissage
Un projet de décoration sans protocole de test est un pari. Les techniques de marquage se valident par une série d’essais normalisés ou adaptés au produit, et il est indispensable de les exiger avant la commande en volume.
Le test d’abrasion évalue la résistance du décor au frottement. On frotte la zone décorée avec un abrasif ou un tissu normalisé, sous une pression et pendant une durée définies, puis on observe l’usure. C’est le test qui distingue immédiatement une sérigraphie organique d’une sérigraphie inorganique. Il doit être représentatif des conditions réelles : frottement en palette, en caisse, dans un sac ou dans un caddie.
Le test de lavage évalue la tenue à l’eau, aux détergents et à la température. Il est critique pour les produits réfrigérés, pour les bouteilles destinées au réemploi et pour les marchés à climat chaud et humide. Il faut le réaliser avec le détergent et à la température réellement utilisés dans la filière de destination, car les conditions varient fortement d’un pays à l’autre.
Le test de tenue au remplissage évalue la résistance du décor aux étapes industrielles : passage sur convoyeur, frottement contre les guides, contact avec les autres bouteilles, éventuellement passage en pasteurisateur ou en autoclave. Un décor qui tient à la main mais s’efface sur la ligne n’a aucune valeur industrielle. Ce test doit être conduit sur la ligne réelle ou sur une ligne équivalente, et non en laboratoire isolé.
Enfin, il ne faut pas oublier les tests de compatibilité entre le décor et le contenu : une encre ou un vernis mal choisi peut affecter le goût d’un produit gras ou alcoolisé, ou migrer dans des conditions de température élevée. Sur les produits alimentaires et cosmétiques, cette vérification relève de la conformité, et elle doit être documentée autant que les autres.
La bague de remplissage et la zone de colle : ne jamais décorer la zone d’appui
C’est un point technique souvent oublié, et pourtant non négociable. Le col d’une bouteille ou d’un bocal comporte une zone de bague, la partie sur laquelle la capsule ou la bague Twist-Off vient s’appuyer pour créer l’étanchéité. Si un décor — sérigraphie, marquage à chaud ou même une étiquette mal placée — empiète sur cette zone, l’appui devient irrégulier, l’étanchéité est compromise et le vide peut ne pas tenir. Le résultat se voit rarement à la commande ; il se manifeste des semaines plus tard, par des produits qui fuient ou des capsules qui tournent dans le vide.
Il en va de même pour la zone de colle de l’étiquette. Sur une bouteille filetée, l’étiquette ne doit pas descendre dans la zone destinée au bouchage ni remonter trop haut sur le col. Un dépassement, même de quelques millimètres, peut gêner la pose de la capsule ou provoquer un faux contact. C’est pourquoi le cahier des charges de décoration doit préciser précisément les limites hautes et basses de la zone décorable, exprimées en millimètres par rapport au col et au culot, et non par une simple consigne visuelle.
Ces zones doivent être définies en même temps que le contenant, avant même la conception du décor. Un studio graphique qui dessine sur un gabarit sans repères techniques produira presque systématiquement un visuel qui empiète sur l’une des deux zones. Il faut donc fournir au décorateur un plan de décoration coté, incluant la zone de bague, la zone de colle, la zone de contact main et les éventuelles zones de frottement sur convoyeur. Pour une vision claire de l’organisation du col et du bouchage, notre page sur les bouteilles en verre sur mesure donne les repères dimensionnels de base utiles au projet.
Étiquetage réglementaire : DGCCRF, allergènes et mentions multilingues
Le marquage porte aussi la responsabilité réglementaire du produit. En France, l’étiquetage alimentaire est encadré par des obligations contrôlées par la DGCCRF : dénomination de vente, liste des ingrédients, allergènes mis en évidence, quantité nette, date de durabilité minimale ou date limite de consommation, conditions de conservation, nom et adresse de l’exploitant, et le cas échéant, mentions nutritionnelles. Ces éléments doivent être lisibles, indélébiles et suffisamment dimensionnés — la réglementation impose une taille minimale de caractères pour les mentions principales.
Cette contrainte de lisibilité retentit directement sur le choix du contenant et du décor. Sur une petite bouteille de 20 cl ou un flacon de 30 ml, la surface disponible est limitée ; il faut donc prévoir, dès l’origine, une étiquette dédiée à l’information légale et distinguer visuellement la zone marketing de la zone réglementaire. Une stratégie courante consiste à utiliser une étiquette principale pour la marque et le visuel, et une contre-étiquette pour les informations légales, parfois multilingue. Cette organisation doit être décidée avant la validation du décor, car elle modifie la répartition des surfaces.
Pour les produits vendus dans plusieurs pays francophones, la gestion des langues devient un sujet à part entière. La Belgique exige classiquement des mentions dans la langue de la région linguistique ; la Suisse a ses propres exigences, notamment en matière de dénominations et de langues officielles ; le Québec impose le français de façon prioritaire. Une étiquette multilingue permet de mutualiser un lot, mais elle consomme de la surface et complique la maquette. L’alternative — des lots dédiés par pays — simplifie la maquette mais augmente le nombre de références et réduit les volumes par référence. C’est un arbitrage classique en marque de distributeur et à l’export, et il se tranche en fonction du poids de chaque marché.
Il faut également penser aux mentions propres aux emballages : les pictogrammes de tri, les obligations liées à la filière REP et à la loi AGEC en France, et les indications de recyclabilité. Ces mentions évoluent et leur nombre a tendance à augmenter. Il est donc prudent de réserver une zone évolutive sur l’étiquette, faute de quoi chaque évolution réglementaire impose de refaire le décor.
Coût par unité, cadence et intégration dans la ligne de conditionnement
Le décor n’est pas un coût isolé : il s’insère dans une chaîne industrielle où chaque étape a sa cadence. Comprendre cette chaîne permet d’éviter les mauvaises surprises au moment de la production en série.
L’étiquetage adhésif s’intègre en général facilement : les étiqueteuses modernes posent plusieurs milliers d’unités par heure et acceptent des formes variées, à condition que le gabarit de l’étiquette soit compatible avec la courbure du contenant. Une étiquette trop grande sur un contenant très cintré se plisse aux extrémités. Une étiquette mal dimensionnée peut également se décaler en rotation, si bien que le repère de position doit être clairement défini.
La sérigraphie est en général réalisée par le fabricant de verre ou par un décorateur spécialisé, souvent avant l’expédition vers le site de conditionnement. Cela simplifie la ligne du conditionneur, qui reçoit un contenant déjà décoré. En revanche, cela impose une logistique : le contenant décoré doit être protégé pendant le transport, car un décor peut s’abîmer par frottement en palette. Pour les décors fragiles, un calage individuel ou un intercalaire devient nécessaire, ce qui alourdit le coût logistique.
Le marquage à chaud est souvent réalisé dans une étape dédiée, parfois directement sur la ligne de conditionnement via une station de marquage. Cette intégration donne de la souplesse — on peut marquer un lot spécifique sans changer le contenant standard — mais elle exige un réglage précis et un contrôle qualité fréquent, car les dérives de température ou de pression sont rapides.
Enfin, le coût par unité dépend fortement du volume et du nombre de passages. Un décor complexe qui combine sérigraphie, marquage à chaud et étiquette coûte beaucoup plus qu’un simple décor imprimé, et il multiplie les risques de défaut. Il faut donc arbitrer entre l’ambition visuelle et la robustesse industrielle, en gardant à l’esprit que sur les marchés de volume, la régularité vaut mieux que la sophistication. Comme toujours, les quantités minimales, les délais et les conditions de production se confirment selon le projet et le décorateur retenu, en fonction du format, du décor et du volume.
Questions fréquentes
Quelle différence entre sérigraphie organique et inorganique ?
La sérigraphie organique utilise des encres à liant organique séchées à température modérée : elle est souple et économique, mais s’use à l’abrasion et au lavage. La sérigraphie inorganique emploie des encres minérales cuites au four, liées au verre : elle coûte plus cher mais résiste durablement au frottement et au lavage industriel.
Le marquage à chaud tient-il au lavage ?
Il résiste correctement au vieillissement et à la manipulation normale, mais il craint les frottements répétés, les rayures et les chocs. Sur un contenant destiné au réemploi ou lavé plusieurs fois, il est préférable de réserver le marquage à chaud aux éléments d’accent et de porter la structure du décor par une sérigraphie inorganique.
Pourquoi une étiquette papier se décolle-t-elle au réfrigérateur ?
À cause de la condensation : l’eau qui se forme sur la bouteille attaque les bords et l’adhésif. Une étiquette papier tient mal dans ces conditions, alors qu’un support plastique et une colle adaptée au froid et à l’humidité résistent sans problème.
Peut-on sérigraphier sur tous les types de verre ?
En principe oui, mais la qualité du rendu dépend de la surface. Un verre dépoli, très rugueux ou fortement facetté donne des résultats moins nets, et il faut parfois adapter le dessin au contenant. Une paroi irrégulière ou un défaut de moule dégrade l’impression.
La zone de bague peut-elle recevoir un décor ?
Non. La partie du col sur laquelle la capsule ou la bague vient s’appuyer doit rester nue : un décor y compromet l’étanchéité et la tenue du vide. Il faut définir une zone décorable cotée, excluant la zone de bague et la zone de colle de l’étiquette.
Quelles mentions l’étiquette doit-elle obligatoirement porter ?
Pour un produit alimentaire vendu en France, la dénomination de vente, les ingrédients, les allergènes, la quantité nette, les dates, les conditions de conservation, les coordonnées de l’exploitant et, selon les cas, les mentions nutritionnelles. La lisibilité et la taille des caractères sont encadrées et contrôlées par la DGCCRF.
Comment gérer plusieurs langues sur une même étiquette ?
Deux approches existent : une étiquette multilingue unique, qui mutualise les lots mais consomme de la surface et complique la maquette, ou des lots dédiés par pays, plus simples à maquetter mais qui multiplient les références. Le choix dépend du poids de chaque marché dans vos volumes.
Quels tests exiger avant la commande en volume ?
Au minimum un test d’abrasion, un test d’immersion ou de lavage, un test de tenue sur ligne de conditionnement et, pour les produits alimentaires ou cosmétiques, une vérification de compatibilité entre le décor et le contenu. Ces tests doivent être représentatifs des conditions réelles d’usage et de transport.
Le décor influence-t-il la recyclabilité de l’emballage ?
Oui. Une étiquette difficile à décoller, un adhésif qui laisse un résidu ou une encre non compatible avec la refonte peuvent perturber la filière de recyclage du verre. Le PPWR et la loi AGEC poussent à considérer l’ensemble bouteille plus étiquette plus colle comme un seul système.
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